Courant de plus en plus vite, chassant d’un geste violent les branches sur son passage, elle était persuadée que de l’autre côté se trouvait la sortie du labyrinthe. Elle s’attendait presque à trouver une route pleine de voitures derrière deux palmes.

Au lieu de cela, elle se retrouva dans le sable face à une mer turquoise. Un lieu jugé paradisiaque habituellement, mais en l’occurrence, elle n’était pas de cet avis. Elle ne reconnaissait pas les lieux. À première vue, n’importe qui penserait se trouver sur une île du Pacifique, mais elle savait au fond d’elle que ce n’était pas le cas. Elle se sentait perdue. Comment s’était-elle retrouvée là ? Cela était-il d’ailleurs possible ? Et surtout était-elle réellement dans un autre monde ? Quoi qu’il en soit, il n’était pas le sien. Elle avait l’impression de se trouver dans un rêve dont on n’arrive pas à sortir, tout en sachant que rien n’est réel ni possible.

Elle se mit alors à hurler à l’océan. Bien que parfaitement consciente de l’inutilité totale de cet acte, elle avait besoin de se défouler. Elle hurla sa question au monde. Une branche au sol lui écorcha le pied, elle la prit et la jeta devant elle. Aleya était à bout de nerfs. Le sang-froid lui manquait. Ne pouvant décharger toute son angoisse qu’en hurlant et jetant des bouts de bois, elle finit à genoux dans le sable, en larme. Elle porta alors sa main à sa gorge et trouva sous ses doigts un médaillon serti d’une émeraude qu’elle ne quittait jamais. Il s’agissait du seul objet que son père lui avait laissé.

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